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 Renflouement illégal d'un Spitfire, Hier soir dans Thalassa

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Marc_91
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Date d'inscription : 05/12/2006

MessageSujet: Renflouement illégal d'un Spitfire, Hier soir dans Thalassa    Sam 12 Fév 2011 - 22:52

Bonjour à tous,

On en avait parlé déjà parlé là : http://forum.aviation-ancienne.fr/t6632-la-nature-reprend-le-dessus

Un reportage plus complet a été diffusé hier soir sur France3, dans Thalassa, entre les minutes 30 et 45 ;
vous pouvez revoir cette émission pendant encore 6 jours en cliquant sur la photo ci-dessous :



A la fin du reportage, vous noterez peut-être ce sous-titrage défilant :
Denière minute ... Renflouer cette épave était illégal. Sur décision de justice, elle va être remise à l'eau en attendant son prochain retour en Australie.

Et oui, j'avais été effaré, hier soir, de voir une épave de guerre traitée avec si peu de respect, et de précautions, puisqu'à priori l'avion était tombé avec ses armes et munitions. De plus, dans ce genre de de cas, une plongée ou tout au moins une inspection préliminaire doit être faite, puisque beaucoup d'avions sont des tombes de guerre. Je suis tombé de mon fauteuil quand j'ai entendu que des ossements humains avaient été trouvés "par hazard" dans le cockpit !!!

J'en ai discuté sur le forum www.39-45.org . et dans le forum "Actualités" de l'AéroBibliothèque.
Voici en particulier la réponse de "Cépé", le découvreur du F-5 de Saint-Exupéry, qu'il m'a autorisé à citer ici :

Citation :
L'archéologie contemporaine (si l'on peut traduire comme cela le travail de recherches sur la période "seconde guerre mondiale" par des personnes généralement tant éclairées que passionnées et principalement amateurs), est bien entendu régie et soumises à des règles et lois bien définies.

D'ores et déjà, tout travaux menés sur le domaine maritime direct (plages, puis jusqu'aux eaux dites territoriales) dépendent du ministère concerné (représenté par les préfectures maritimes), tout comme entrant dans la juridiction du ministère de la culture si l'épave est d'ordre archéologique et/ou historique (DRASSM) dont la direction et les locaux sont situés près de l'Estaque à Marseille.

Ainsi, l'archéologue cité pour le Spitfire du canal de Caen, s'est donc retrouvé en soucis avec les sus-dites administrations maritimes (DRAC, préfecture maritime et DRASSM), aaynt entrepris de son propre chef - sous les feux des projecteurs (Fr3, journaux, medias divers - on imagine aisément que les autorités adorent ce genre de publicité...) en sachant par avance et de plus que cette personne était certaine de retrouver des ossements d'origine humaine à l'intérieur de l'épave car en connaissant parfaitement l'histoire.

Dans un tout premier temps, cela pose le problème direct de l'éthique avant d'entamer le moindre travail de récupération.
Aujourd'hui donc, personne n'a le droit sans autorisation des autorités concernées de se lancer dans une opération de récupération sur une épave (d'autant plus de guerre) d'autant que cette personne est par définition parfaitement au courant des lois puisqu'elle n'en est pas à son coup d'essai dans le domaine de recherche sur site (terrestre compris) et la récupération d'épave de guerre de tous types.

La finalité de son travail il est vrai a été avant tout la conservation de l'épave dans le sens de la préserver, en la déposant par la suite dans le musée de l'Atlantique (secteur de Ouistréham) dont il est le responsable, voire dans un bassin immergé.

Mais dans ce cas précis de récupération à tous les niveaux, c'est la façon de procéder qui est génante. Et ce n'est pas parceque l'on est responsable d'un musée ou président d'une association à but historique que l'on doit forcer la main en passant outre la règlementation.

Lorsque l'on demande une autorisation de récupération d'épave, les autorités (maritimes pour ce cas) mettent en avant plusieurs critères. Pour faire simple, lors d'une première demande, il y a une une "enquête" administrative quelque peu basique dans un premier temps qui est diligentée venant des autorités pour savoir à quoi elles vont avoir affaire.
Avant donc de donner une autorisation, l'administration va vouloir savoir si des munitions et armes sont susceptibles de se trouver à bord par rapport à un danger potentiel.

Partant de là, elles autoriseront dans un premier temps "une fouille in situ sans déplacement de vestiges" pour évaluer les risques de dangers (munitions, armes, bombres donc), tout comme d'être immédiatement averties si des restes humains sont découverts.

La personne dépositaire de la demande (non morale) sera ainsi responsable du "chantier", dont le résultat sera sanctionné par la remise d'un rapport préliminaire de fouilles (localisation, plan du site, inventaire des objets in situ découverts voire remontés en vue de sauvegarde. Si danger potentièl reconnu, les plongeurs démineurs interviennent.
En sachant qu'aujourd'hui, il n'y a pas "d'archéologue officiel et reconnu" dans les services concernés pour tout travaux liés à des avions de guerre.

D'autre part, la personne reconnue "responsable de fouilles", aura à sa charge la responsabilité du matériel mis en oeuvre et surtout, la sécurité des hommes travaillant sur le site. Au niveau des assurances si problème, celà est très important.
Un "passionné" de ce type de fouille peut y laisser sa maison et tout ce qui lui appartient... en cas de problème voire même être écroué.

D'autres part, les plongeurs sous-marins devant travailler sur un site délaré doivent eux-mêmes être reconnus par les autorités. On dit dans le milieu qu'ils sont "classés". Même si l'épave affleure de la surface de la mer.
Un plongeur classé "1A" sera de niveau amateur et limité à 40 mètres de fond. 2A, jusqu'à 60 mètres. Les classement en B et C relèvant de niveaux profssionnels.

Il peut y avoir une restriction de période suivant la zone de travail. En "juillet-août", vous n'aurez rarement d'autorisation si la zone est proche d'une plage, non pas que les administrations sont en congés, mais que les plages pour ce cas, sont remplies de vacanciers...

On comprend alors combien le temps de réponse est long à venir de la part des autorités maritimes avant de donner un avis favorable ou non pour une exploration "in situ".

L'exemple flagrant à mon avis et qui n'est pas lié à une "possible lenteur administrative", est que la première demande de fouilles est demandée aux affaires maritimes du quartier concerné.
Le temps d'étudier cette première formulation et d'en valider le principe, vu le caractère "historique" (guerre) de l'épave en question, les Aff-mar dirigent la demande à la fois à la préfecture maritime (risque de matériel dangereux - munitions, armes, bombes) puis au DRASSM, ce dernier service étudiant le côté historique et/ou culturel de l'épave.
On se rend ainsi compte (et en faisant court sur le sujet) que le temps de retour d'une réponse est ainsi long.

L'épave du Spitfire du canal de Caen à donc été remontée sans autorisation officielle, ni aucune précaution particulière (munitions, etc.), par des personnes passionnés et motivées cela ne fait aucun doute, mais complètement démunies en connaissance et traitement des métaux, de matériel de fouilles et de relevage.
Malheureusement, et fait encore plus dangereux, l'épave s'est relevée d'elle-même par la force de poussée de cubitainers (4 tonnes de poussées d'après les containeurs) donc "arrachée" du fond sans tenir compte des vestiges de nouveau dangereux qui peuvent encore reposer sur le site d'origine aujourd'hui, et surtout sans aucune surveillance donc aucune prise en compte du danger à la navigation que celà a comporté.

Je n'entrerais aucunement dans le domaine de l'éthique pure... qui risque d'aller encore plus loin administrativement parlant pour le releveur de l'épave.
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