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 Mission de Reconnaissance en Boston...

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MessageSujet: Mission de Reconnaissance en Boston...   Mer 27 Mai 2009 - 22:19

Il est 19H45, et par cette fin de journée estivale règne un étrange calme sur la Terre bientôt plongée dans les ténèbres. Les moteurs parlent fort et le jeune lieutenant a du mal à se souvenir de cet air d'antan qui le faisait autrefois sourire de part sa joie et la simplicité des paroles. A 3000 mètres le froid ne vous prend pas encore tout à fait, mais dans ses habits chauds, le jeune lieutenant se sent s'assoupir. Voilà bientôt l'Orne et ses berges silencieuses. Son cours semble comme figé depuis le cockpit. Le pilote pense à ces gens pour qui ce fleuve n'est peut-être qu'un parmi tant d'autres. Peuvent-ils s'imaginer ce que ressent le jeune homme perdu dans les cieux ? Peuvent-ils s'imaginer que cette eau qu'il aperçoit depuis là haut est pour lui symbole d'une impression d'éternelle tranquillité? Il s'imagine bercé par le fleuve. Les étoiles se font à chaque secondes plus nombreuses et la lumière diminue. "Le jour s'en va, la terre va dormir enfin..." Pense-t-il. Combien d'hommes sont tombés aujourd'hui? Il ne le sait mais déjà le nombre l'effraye. Il essaye d'entrevoir dans les étoiles ces âmes perdues. Il en voit trois qui viennent s'ajouter à celles qui venaient de s'offrir à sa vue il y a quelques instants. Son observateur ne dit rien, son mitrailleur non plus. "C'est mieux ainsi" pense-t-il, "Eux aussi sont paisibles". Mais ces trois points qu'il pensait être des étoiles, semble comme emportés par une fantaisie céleste, et se rapprochent de son avion. Les voilà qui plongent sur lui maintenant. "Trois chasseurs ennemis à 10 heures haut." murmure-t-il dans son laryngophone de façon si calme qu'on eut pensé qu'il était encore plongé dans ses rêveries. "En vue 10 heures haut". Le jeune lieutenant reconnaît dans ses écouteurs la voix sèche de son observateur. Le froid lui semble de plus en plus exténuant maintenant. Il voit avec terreur les ailes marquées de croix noires. Elles semblent étonnamment proches maintenant et leurs canons étaient déjà chauffés par les traceuses. Un magnifique et terrifiant jet d'obus et de balles rouges et jaunes descend vers lui lentement. Mais voilà qu'un grondement insoutenable vient soudainement ébranler l'appareil. Des flammes jaillissent du moteur droit. Malgré sa veste et son pantalon doublés, ses bottes et ses gants fourrés, il sent le froid s'ossifier en lui. Et un liquide rouge coule lentement de la place du mitrailleur, qui effondré sur sa machine, tire. Une sensation d'horreur s'empare de lui quand il voit que l'horizon est maintenant loin au dessus de sa tête.

Il semblait maintenant que la splendeur de l’été s’en était allée, et que tout s’était évanoui pour laisser place à un paysage qui avait l’air de s’inspirer vaguement de l’idée qu’on se fait de l’ennui. Les routes étaient désertes, les arbres étaient nus et même les sapins paressaient agonisant. Rien n’était plus vivant, de même que rien ne rattachait plus cet oiseau d’acier au ciel. Il était comme une feuille morte qui lentement tombe vers le sol. Il accomplissait milles acrobaties mortelles, et tout cela dans une vrille fatale que rien sinon le contact avec le sol ne pouvait arrêter. Qu’elle était ombrageuse cette longue traînée noire qui le suivait ! Et qu’il semblait frêle maintenant cet oiseau de fer et d’acier ! Et qu’il était ridicule maintenant, lui qui était encore si majestueux il y a quelques instants. Et qu’elle était longue et cruelle cette chute ! Le jeune lieutenant regardait la forêt vers laquelle l’avion se dirigeait pour allez finir sa folle course vers la mort. Il n’entendait plus les cris de l'observateur dans l’écouteur, Il ne voyait plus ceux qui l’avaient enlevés à son vol solitaire, tout lui semblait maintenant calme et paisible, seule cette femme lui revenait. Peut-être avait-il mal vécu, mais ce qu’il regrettait le plus à présent, c’était elle. Il ne verrait plus jamais sa silhouette au loin, plus jamais il n’entendrait sa voix joyeuse et douce. Jamais il ne devait sentir ce cœur qui le faisait souffrir, battre lentement contre son corps, de même que jamais, il ne devait sentir ce souffle lent se poser contre sa joue tel la brise d’automne qui se posait sur son visage tiède autrefois, durant les jours heureux qui avaient précédé la Guerre. Et voilà que l'Orne paraissait maintenant être là, juste à portée de main comme si il eut put y faire glisser lentement ses doigts. Il ferma ses yeux, imagina une dernière fois le doux visage de celle qu’il aimait, et ce fut tout.

Fin

Je sais c'est très romancé, mais c'est ce que j'ai ressenti en faisant une mission de reconnaissance à bord d'un A-20C tout à l'heure.
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