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 L'ESCADRILLE DES CIGOGNES Spa 3 1939-1940

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Manfred
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MessageSujet: L'ESCADRILLE DES CIGOGNES Spa 3 1939-1940   Sam 12 Mar 2005 - 19:03

Il s'agit ici, d'un texte du Capitaine Robert WILLIAME extrait de " L'ESCADRILLE DES CIGOGNES Spa 3 1939-1940 ".

Capitaine Robert WILLIAME:

Breveté pilote en 1933, il est affecté en 1934 à la première escadrille (Spa3: l'ancienne escadrille de Guynemer, Deullin, Hurteau; Dorme lors de la WWI...) du futur GC 1/2. Il en prend le commandement en en 1937. En juin 1940 il obtient ses 8 victoires en 4 jours. Début octobre, il prend la tête d'une escadrille du GC 3/9 équipé de bloch 152. Il se tue le 31 dans un accident d'avion..



Bonne lecture:
II/JG69_Manfred


J'ai laissé intentionnellement de côté les journées des8 et 9 juin. Peut-être afin de les garder pour la bonne bouche, mais surtout parce qu'elles représentent les deux seules occasions qui nous furent offertes d'aller combattre sur un front actif.
Le 8 juin, pour la première fois en ce qui nous concerne, le commandement se servit de nous pour réaliser une véritable concentration de chasse.
Nous partîmes le matin nous poser sur le terrain de Coulommiers. Nous devions y recevoir des ordres. Au déjeuner, je rencontrai un camarade de promotion de Pat qui me tint un langage peu réjouissant.
" Dans le secteur, me dit-il, les Messerschmidt sont très méchants. Dix-neuf du groupe y sont déjà restés. Chaque fois que nous sortons, nous avons un type en flammes. Tu es là avec combien de zincs ? Une patrouille triple ? Eh bien! ce soir, il t'en manquera trois. "
Ils avaient, comme nous, des Morane. Nous reçûmes notre mission :
" Destruction sur le secteur : Beauvais-Gisors-Persan-Beaumont, altitude 4.500 mètres, de 16 heures à 16 h. 30. "
Notre patrouille triple était protégée par neuf Bloch 152 et neuf Dewoitine 520. Un point et une heure de rassemblement en l'air avaient été fixés. Il manquait une liaison. J'aurais aimé savoir qui, de mes camarades, était à la tête des Dewoitine et à celle des Bloch. Nous avions une heure et demie avant le décollage; nous allâmes dormir.
Nos patrouilles étaient composées de Chalupa, Puybuque et moi; Pichon, Audebert et Meunier; enfin, adjudant Streiff, lieutenant Mont y et sergent-chef Goile, de la 103..
A l'heure voulue, nous décollions sans avoir pu mettre la main sur Puybusque. Le regroupement se fit de façon parfaite et nous com-mençâmes à battre le secteur. En bas, le sud de Beauvais brûlait, envoyant jusqu'à Paris un cône de fumée qui cachait le sol. Gisors brûlait aussi. Partout des incendies, moins importants mais nombreux. C'était un spectacle pénible à voir. Soudain, dans la direction de Soissons, des éclatements de D. C. A. attirèrent mon attention. Je découvris bientôt quinze à vingt avions de bombardement. Au-dessus et sur les côtés, de nombreux Messerschmidt 110 et 109 les accompagnaient en direction du nord-ouest. Je me dirigeai vers eux. Notre protection suivait mal. Nous avions le soleil pour nous. Je réussis à nous placer derrière une patrouille de trois Messerschmidt 109 qui faisaient partie d'un ensemble de neuf appareils flanquant vers le sud l'expédition ennemie. Je tirai de très près, à peu près en même temps que Chalupa et Audebert, le chasseur de gauche, puis, seul, celui du centre à vingt mètres. Ils partirent tous les deux en vrille et en flammes. Pichon et Meunier virent le premier s'écraser à cinq kilomètres au nord-est du terrain de Beauvais, tandis que sous les yeux de Pichon et Audebert, le second subissait le même sort, sensiblement au même endroit.
En voyant son chef de roth et l'autre équipier de sa patrouille prendre feu, le troisième pilote fit un léger virage à droite et m'aperçut à vingt mêtres de lui. Il donna deux ou trois coups de pied, de l'air d'un monsieur qui ne sait vraiment pas ce qu'il va faire. Je lui lâchai alors une rafale. Il se mit en piqué accentué vers ses lignes en dégageant une grosse colonne de fumée. Chalupa, Pichon et Meunier le virent comme moi, mais personne ne put être témoin de son écrasement, car déjà d'autres Messerschmidt tentaient de nous manoeuvrer (1). Je jetai un coup d'oeil derrière et au-dessus. Notre protection n'était plus là. Peut-être s'étaient-ils lancés eux aussi dans la bagarre et ont-ils fait du bon travail ? Je ne l'ai jamais su. Je n'avais plus de munitions. Il s'agissait de nous tirer de ce guêpier. Nous y parvînmes sans avoir subi d'attaques et nous nous posâmes à Coulommiers..
Je rendis compte. On me donna l'ordre de refaire les pleins d'essence et de munitions en prévision d'une nouvelle mission qu'on allait nous confier.
A l'atterrissage, nous avions trouvé un Puybusque furieux. Il dormait dans la même pièce que nous. Personne ne l' avait vu et il ne s'était éveillé qu'après notre départ. C'était tout juste s'il ne nous traitait pas de mauvais camarades et d'avoir fait exprès de le laisser au sol.
Une pierre avait crevé la toile de la carlingue de Meunier à l'atterrissage. l'avion de Pichon était lui-même indisponible pour je ne sais plus quelle raison. Ils ne purent être réparés à temps. Aussi je laissai la patrouille Pichon à Coulommiers. Lorsque les avions seraient prêts, ils rejoindraient Damblain.
Entre temps, j'avais rencontré le camarade de Pat avec qui j'avais déjeuné, et je lui avais dit :
- Tu avais raison il en manque trois.
- Je te l'avais bien dit.
- Oui mais ce sont trois Messeschmidt.
- Non ? Eh bien mon vieux, vous en avez de la veine.


(1) Ces trois avions ont été homologués au profit du capitaine Williame. Trois avions en quinze secondes.

_________________
Combats aériens sur la Corne de l'Afrique (juin 1940 - novembre 1941)
http://aviationaoi.wordpress.com/
(version 2.1, MAJ avril 2013)
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